Ainsi parla la terre, en vente à Livres en Folie

Ticket Magazine | Publié le : 29 mai 2013

« Ainsi parla la terre »…

Anthologie trilingue poignante, témoignages vibrants et vivants d’auteurs qui ressentent l’urgence de dire. Ce n’est plus l’oncle de Jean Price Mars qui parle, mais des textes qui disent nos misères, la vie, l’amour, la mort. Des mots, teintés de lyrisme, qui traduisent nos maux, qui charrient nos émotions, nos craintes. La thématique, ancrée dans notre terroir, est d’une grande séduction et parie de prendre le lecteur aux tripes.

Suite à un appel à textes lancé par l’organisation littéraire Women Writers of Haitian Descent (WWOHD) basée en Floride, ce projet de collectif a rassemblé plus d’une cinquantaine d’écrivains célèbres des lettres haïtiennes d’ici et de la diaspora: Emmelie Prophète, Marie-Alice Théard, Margaret Papillon, Carmelle Gérard Lopez, Aurélie M. Fièvre, Maryse C. Elysée, Jessica Fièvre, Magalie Jean Baptiste, Geneviève Gaillard-Vanté, Naiké C. Bélizaire (15 ans), Marie Ketsia Théodore-Pharel (à qui l’on doit le choix du titre du livre), Elsie Suréna…

Ces figures de proue de la littérature haïtienne contemporaine prétextent poésie et récit pour célébrer la diversité de notre peuple, nos richesses. Elles embrassent, dans leurs écrits, cette terre qui les a vu grandir ou qui leur était orpheline. Elles rappellent le passé, traduisent le présent pour mieux affronter l’avenir.

«Lanmò mòde toupatou » (Death was lurking), première section de textes en anglais, parle de la mort, de la tragédie, du post 12 janvier, de certains de nos rituels, de nos rites funèbres. « Tout pwason ka manje moun » (ou Comment les Haïtiens affrontent-ils leurs problèmes), seconde section écrite en créole et en français, conte nos légendes, nos mystères, des histoires sur le triste séisme, « explore le folklore haïtien ». «Verite dekwoke baton », dernière section, parle de la misère et de ses conséquences, de nos problèmes économiques, de nos relations tendues avec la République voisine, l’historique du kanaval…

Les contributeurs du collectif édité sous la direction de Jessica Fièvre entonnent, dans un style vif et sobre, la complainte d’une Haïti douloureuse, traversée par des crises politiques, économiques et humaines, mais dévoilent une Haiti riche, positive dont les attraits peuvent charmer et envoyer une autre image, un autre message au monde entier.

La stratégie d’édition, comme celle de « The Butterfly’s Way, Voices from the Haitian Dyaspora in the United States » d’Edwidge Danticat ou de «Latina: Women’s voices from the borderlands » de Lillian Castillo-Speed, répond à un choix de priser le qualitatif, l’originalité et le traitement des thèmes. La fiction, la poésie, le récit habitent une écriture tout en finesse avec une structure thématique qui s’était imposé aux auteurs. Ce livre dont la publication a bénéficié du soutien financier de la Banque de la République d’Haïti (BRH), de la SunAuto et de la GaMa, sera en vente à Livres en folie le jeudi 30 mai au Parc Historique de la Canne à Sucre.

Publicités